Waxed concrete, coloured concrete, decorative surfacing, smoothed concrete                Jacques Maudhuit, dit Michel Aurouze vous convie à un "Ciel-Voyage"grâce à ses tableaux qui illustrent ses romans.
 
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L'Arc en Ciel    
Extrait L'Arc en Ciel

En vente contre 15 euros chez :
Jacques MAUDHUIT
chemin du Replat
84100 UCHAUX

 

Je repris une bonne position, mais je pensais : en glissant légèrement, en faisant semblant de glisser je pourrais, moi si habile , l'atteindre accidentellement! Et dans ma tête la sarabande des mots dansait maintenant la farandole. Le tuer ! Ah ! II voulait me rendre abject! Il voulait me ridiculiser et bien on va voir! Tu vas voir ta sale tête ! Meurtre en moi! Meurtre autour de moi! Mon éducation rigide m'avait interdit toute pulsion : celle-ci me libérait, enfin me libérait! Vivifiante je la reconnaissais. Seconde de liberté ! Même si le reste de ma vie en dépendait, seule tu auras compté ! De cette plénitude par degré ma détermination s'affirmait . Et pan ! Et pan ! Et PAN ! Et PAN : Le fusil s'enclenche et se déclenche et j'atteins toujours le centre de la cible !C'est le moment de glisser! Je vais faire semblant de glisser ! Et je glisse maintenant! et je décroche vers la tête de Raoult! Je vais l'atteindre ! sa gueule au bout de ma ligne de mire !

A l'instant je fus écrasé sur la neige par un corps très puissant, juste au moment où j'allais faire mouche. Je sus aussitôt que celui qui me tenait sous lui était le plus bel des sous-officiers, celui à qui le ridicule béret des chasseurs-alpins seyait si bien ! je discernais ses muscles bandés qui m'enfonçaient dans la poudreuse. Je sentis malgré 1'épaisseur de son uniforme en laine bleue sa chaleur, puis son haleine qui tiédissait mon cou... II m'aurait suffit de tourner la tête d'un quart de tour et nos lèvres se seraient éffleurées ! Maîtrisé, j'étais maîtrisé par ce bel homme en uniforme et je me sentais curieusement libéré d'un poids ancien qui m'avait toujours opprimé. Le froid de la neige contre mon visage et cette force qui m'enfonçait, me forait de toutes part...pour mieux respirer je tournai la tête et nos lèvres s'effleurèrent. Son visage était là, juste là contre le mien et mon regard accrocha le sien. II ne le défia pas. Un intense bonheur fit tournoyer les reflets bleus de la neige... je fus enveloppé par une tendresse maîtrisante, robuste, dominatrice et je prenais conscience que je 1'avais toujours ainsi appelée. J'étais troublé et il s'en aperçut mais il me tint fermement entre ses deux jambes plus longtemps qu'il n'aurait dû.

Etait-il au courant des salaces propos du trio ?

II se redressa tout en me maintenant dans la neige grâce à mes deux bras qu'il tenait fortement noués sur mon dos. II serrait fort.Cela ne me faisait aucun mal. Puis il me libéra. Je m'assis aussitôt.

"Vous êtes fou! vous êtes fou! Relevez-vous !"

Il était magnifique. Je lui obéissais mais je le divinisais alors que j'étais déjà à ses pieds. Lui ne disait mot et me fixa

Son regard noir et de colère...

Pourtant cette étincelle qui 1'éclaire... m'était- elle destinée ?... "Garde à vous ! " hurla-t-il.

Un arc en ciel pour Michel Aurouze
Par Pierre Salducci


Paru en 2001, L’Arc en ciel est le quatrième roman de Michel Aurouze, publié la même année que Ecriture fantôme. L’histoire raconte le parcours d’un jeune artiste peintre rangé qui vit une passion soudaine et intense pour un homme. L’Arc en ciel est un roman typique de la manière et de l’univers propres à Michel Aurouze, sans doute un des textes les plus accessibles de cet auteur singulier. En attendant la publication prochaine de son nouveau titre : Les Enchaînés.


Tout comme dans Les Rameaux de Pêchers, Michel Aurouze suit ici un personnage masculin de son enfance à sa maturité. Brillant et cultivé, le jeune W. fait les frais au cours de son service militaire d’une petite mise en scène organisée à ses dépends par ses camarades. Notre héros réagira de manière imprévisible, jusqu’à la limite de commettre l’irréparable. Et tout comme dans Les Rameaux de Pêchers, ce qui aurait pu n’être qu’anecdotique deviendra un élément déclencheur dans la vie du personnage.
Comme on peut l’imaginer, le narrateur interrompra très vite son service militaire. Il voyage, fait des rencontres, développe son côté créatif et se lance en peinture. Le voici marié et célèbre. Il est au plus haut de sa carrière d’artiste quand quelque chose tout à coup vient bouleverser le cours de ses jours tranquilles. Michel Aurouze s’attarde longuement sur sa passion pour la peinture, art qu’il pratique lui-même. Il signe ici un roman à clé dans lequel une image vient livrer un message inattendu, procédé qu’il utilisera de nouveau dans La Faille.
On retrouve dans L’Arc en ciel, les thèmes chers à Michel Aurouze : la découverte de l’homosexualité, la peinture, et une sexualité torturée, alimentée de fantasmes et de symboles. Et comme dans presque toutes les histoires de cet auteur tourmenté, ça finira mal ! Reprenant une fois de plus le modèle des Rameaux de Pêchers, le roman se divise en deux mouvements. Il y a un avant et un après. Une période où on est dans l’ignorance et une où l’on sait. Une partie de la vie dans le noir et une autre dans la lumière. Avant l’homosexualité, et après. Car dans tous ses romans Michel Aurouze ne nous parle finalement que d’une chose, toujours la même, l’extrême soulagement et la délivrance de s’assumer.
Michel Aurouze, L'Arc en ciel, roman, éditions La Bartavelle, 2001,  115 pages, 15 €.

 

 

 

 

 

 


   

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